Friday, October 23, 2020

Madame de Sévigné's letter to Roger de Rabutin, Comte de Bussy, dated June 26, 1655

Sources:

Lettres, compiled by Hachette Monmerqué, 1862


The Letters of Madame de Sévigné to her Daughter and Friends, edited and translated by Sarah Josepha Hale, 1878


Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné (born February 5, 1626, died April 17, 1696), was a French aristocrat remembered for her letter-writing. Most of her letters, celebrated for their wit and vividness, were addressed to her daughter, Françoise-Marguerite de Sévigné. Madame de Sévigné is revered in France as one of the icons of 17th century French literature.

She wrote this letter to her cousin, Roger de Rabutin, Comte de Bussy, on June 26, 1655.


Above: Madame Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, painted by Claude Lefèbvre.


Above: Roger de Rabutin, Comte de Bussy, painted by Claude Lefèbvre.

The letter:

À Livry, ce 26e Juin, 1655.
Je me doutois bien que tôt ou tard vous me diriez adieu, et que si ce n'étoit chez moi, ce seroit du camp devant Landrecy. Comme je ne suis pas une femme de cérémonie, je me contente de celui-ci, et je n'ai pas songé à me fâcher que vous eussiez manqué à l'autre. Je m'étois déjà dit vos raisons, avant que vous me les eussiez écrites, et je suis trop raisonnable pour trouver étrange que la veille d'un départ on couche chez des baigneurs. Je suis d'une grande commodité pour la liberté publique, et pourvu que les bains ne soient pas chez moi, je suis contente, et mon zèle ne me porte pas à trouver mauvais qu'il y en ait dans la ville.

Depuis que vous êtes parti, je n'ai bougé de ce beau désert ici, où, pour vous parler franchement, je ne m'afflige point trop de vous voir à l'armée. Je serois une indigne cousine d'un si brave cousin, si j'étois fâchée de vous voir cette campagne à la tête du plus beau corps qui soit en France, et dans un poste aussi glorieux que celui que vous tenez. Je crois que vous condamneriez des sentiments moins nobles que ceux-là. Je laisse aux baigneurs d'en avoir de plus tendres et de plus foibles. Chacun aime à sa mode. Pour moi, je fais profession d'être brave, aussi bien que vous: voilà les sentiments dont je veux faire parade. Il se trouverait peut-être quelques dames qui trouveroient ceci un peu romain,

Et rendroient grâce aux dieux de n'être pas Romaines,
Pour conserver encor quelque chose d'humain.

Mais sur cela j'ai à leur répondre que je ne suis pas aussi tout à fait inhumaine, et qu'avec toute ma bravoure je ne laisse pas de souhaiter avec autant de passion qu'elles que votre retour soit heureux. Je crois, mon cher cousin, que vous n'en doutez pas, et que je ne demande à Dieu de tout mon cœur qu'il vous conserve. Voilà l'adieu que je vous eusse fait, et que je vous prie de recevoir d'ici, comme j'ai reçu le vôtre de Landrecy.

English translation:

IN THE COUNTRY, June 26, 1655.
I had no doubt that you would take some opportunity of bidding me adieu, either at my own house or from the camp at Landrecy. As I am not a woman of ceremony, I am content with the latter; and have not even thought of being angry, that you failed in coming to me before you set out. I have not stirred from this desert, since your departure; and, to speak frankly, I am not much afflicted to find that you are with the army. I should be an unworthy cousin of so brave a cousin, if I were sorry to see you, during the present campaign, at the head of the finest regiment in France, and in so glorious a post as the one you hold. I dare say you would disown any sentiments less worthy than these; I leave weaker and more tender feelings to the true bagnio gentry. Every one loves in his own way. I profess to be heroic as well as you, and am proud to boast of these sentiments. Some women, perhaps, would think this a little in the old Roman style, and would thank God they were not Romans that they might still preserve some feelings of humanity. But on this subject I can assure them I am not so inhuman as they suppose; and, with all my heroism, I wish your safe return as passionately as they can do. I trust, my dear cousin, you will not doubt the truth of this, nor that I fervently pray your life may be spared. This is the adieu you would have received from me in person, and which I now beg you to accept from hence, as I have accepted yours from Landrecy.

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